Ressource documentaire
Les violences économiques, une violence faite aux femmes sous-estimée
Publié le 11 mars 2026
En 2025, la Fédération nationale Solidarité femmes a publié les résultats d’une recherche-action autour des violences économiques faites aux femmes menée dans les associations de son réseau de partenaires.
Elle définit les violences économiques comme étant un “contrôle financier exercé sur al victime sur une période prolongée, renforçant l’emprise du conjoint violent”.
Les violences économiques existent pendant et après la relation conjugale
Les données présentées ici sont issues d’un questionnaire transmis par la Fédération à 41 associations. 5 sont des associations d’Occitanie.
D’après cette enquête, les violences économiques les plus fréquentes au sein du couple concernent l’interdiction de travailler faite à la femme (76% des réponses) et la participation aux dépenses au sein du couple, la femme étant contrainte de les assumer seule (73% des réponses).
Les violences économiques se manifestent également :
- Par le fait que l’auteur des violences cache et contrôle les finances du couple (66% des réponses)
- Par le fait que les auteurs contrôlent les dépenses du foyer (56% des réponses).
(p13).
- Par le fait d’interdire à la victime de disposer d’un compte en banque (42% des réponses) (p14).
Les violences continuent également après la séparation, notamment par
- l’absence de paiement des pensions alimentaires (95% des réponses), ou par des exigences extrêmement contraignantes pour la verser (p15-16),
- par l’organisation par l’auteur de sa propre insolvabilité pour ne pas avoir à verser quoi que ce soit à son ex-conjointe post-séparation (p17).
Le paiement des frais de logement est également un moyen de contrôle fréquemment utilisé par les auteurs à l’issue de la séparation (p18).
L’enquête souligne que ces violences s’appliquent de manière d’autant plus forte lorsque la victime est d’origine étrangère : la violence s’étend alors également à la situation administrative et au droit au séjour (p20). Vous pouvez à ce sujet retrouver le mémoire réalisé par Ilham Igueld et accessible sur le site internet de l’OVFF 34.
L’enquête remarque aussi que le mariage facilite l’exercice des violences économiques du fait des dispositifs de solidarité entre époux. (p20) A ce titre, la MIPROF a proposé des modèles d’attestation de violences conjugales pour les professionnel·les pouvant être utilisées notamment vis-à-vis des bailleurs sociaux pour demander des désolidarisation de bail ou de dettes.
Les femmes concernées
Les violences économiques concernerait des femmes de tous âges. La Fédération note cependant qu’elles sont plus exposées à partir du 26 ans, certainement du fait d’une entrée plus formelle dans la vie de couple (p21).
Les femmes victimes sont principalement sans emploi (56%). 39% sont en emploi précaire.
Néanmoins, 44% sont en emploi stable : le fait d’être en emploi ne prémunie donc pas des violences économiques. (p23)
Les violences économiques ont des conséquences très concrètes sur les femmes victimes (p33-34) :
- Pendant la vie conjugale : elles sont privées de moyen d’autonomie et ne peut pas préparer leur départ,
- Après la séparation, elles sont mises en difficultés financières.
Le rôle central des associations et structures de proximité dans le repérage de ces violences
Le rapport pointe l’importance des associations spécialisées et structures de proximité dans le repérage des violences économiques. (p24)
A partir d’entretien semi-directifs réalisés avec les associations, la Fédération met en avant des initiatives mises en place pour aborder le sujet des violences économiques avec les personnes accompagnées (p26-28) :
- Faire un état des lieux de la situation financière de la personne pour identifier d’éventuels comportements économiques problématiques de la part de son conjoint,
- Questionner systématiquement la situation financière des femmes accueillies,
- Disposer d’une trame d’entretien incluant des questions sur les violences économiques,
- Expliquer que les violences économiques font partie des violences conjugales.
A noter : l’association Les Glorieuses a édité un baromètre des violences économiques.
Le rapport insiste également sur l’intérêt de nouer des partenariats afin de faciliter la sortie des violences économiques (p35-37) : avec des avocat·es, la CAF, la Préfecture, des banques, les bailleurs sociaux, etc.
Pour aller plus loin :
- Emission Interception de France inter du 8/03/2026 consacrée aux violences économiques
- Le site des Glorieuses, qui mène une campagne sur les violences économiques
Retrouvez l’intégralité du rapport au lien suivant.