Groupe de travail « Violences économiques faites aux femmes »
Le groupe de travail « Violences économiques faites aux femmes » a été lancé en juillet 2026 sur proposition des membres du comité coopératif, des constats des professionnel∙les et des échanges au sein du conseil d’orientation de l’OVFF 34. Il réunit des professionnel·les de divers secteurs ainsi que des personnes concernées. Vous retrouverez ici les réflexions et productions de ce groupe.
Contexte et problématique
Les violences économiques recouvrent une grande variété de comportements et de champ d’exercice. Le groupe de travail a identifié les domaines dans lesquels elles s’exercent :
- Au sein du couple : souvent sous-estimées, la pression financière et le contrôle économique sont utilisés par les agresseurs pour contrôler leurs victimes. Les violences économiques sont ainsi un des instruments du phénomène d’emprise et s’inscrivent dans les symptômes du contrôle coercitif. Ces violences peuvent perdurer post-séparation.
- Dans le monde du travail: les femmes sont à poste équivalent moins bien payées que les hommes, leurs choix de vie (notamment celui d’avoir des enfants) a souvent plus d’impacts sur leur carrière que sur celles des hommes, les préjugés sexistes existent également au sein de l’entreprise. Se pose, de plus, l’enjeu au sein des organisations de travail puis que 62% des victimes sont salariées (source ANDRH).
- Dans les institutions, comme violences secondaires : la conjugalisation d’un certain nombre d’aides sociales peut contribuer à la dépendance des femmes à leur conjoint. La complexité de certaines procédures de recours (contre le non-paiement des pensions alimentaires par exemple), ainsi que la dématérialisation d’un grand nombre de démarches mettent parfois les victimes en difficultés pour s’émanciper économiquement de l’emprise de leur agresseur.
Ces violences prennent leur source dans les représentations sociales associées à chaque genre en matière économique : absence d’éducation financière transmise aux femmes, « taxe rose » appliquée aux produits ciblés comme féminins, etc.
Des cumuls de vulnérabilité rendent certaines femmes plus exposées à ces violences : les personnes en situation de handicap ou présentant des problématiques de santé mentale ou d’addictions, les personnes en situation administrative précaire (sous titres de séjour courts par exemple).
Les objectifs et freins identifiés par le groupe de travail
Objectifs
Les membres du groupe de travail ont déterminé des premiers objectifs, qui seront complétés par la suite :
- Liste les démarches institutionnelles complexifiées par la conjugalisation des aides,
- Faire des tutoriels sur certaines démarches complexes à réaliser (ex : réclamation de pensions alimentaires),
- Evaluer le nombre de femmes qui abandonnent les démarches face aux difficultés : il reste à préciser les démarches ciblées.
En fonction des sujets traités par le groupe de travail, des partenaires intervenant dans des secteurs spécifiques (organismes bancaires, fédérations d’entreprises, aide à la recherche d’emploi, impôts, etc.) pourront être associés.
Les ressources
Outils :
- Baromètre des violences économiques – association la Glorieuse
- Aide financière pour les victimes de violences conjugales – CAF 34
- « Violences faites aux femmes : quels rôles pour les DRH et les managers ? » – ONU Femmes et associations nationales des DRH
Rapports :
- « Femmes, hommes : quelles différences face au surendettement ? », 2026, Banque de France
- Rapport sur les violences économiques, 2025, Fédération nationale solidarité femmes
- Egalité femmes-hommes dans l’Hérault – chiffres-clés, 2024, INSEE
- Baromètre du sexisme ordinaire au travail, 2023, Association française des managers de la diversité
Ressources :
- Lucile Peytavin, Le coût de la virilité, Anne Carrière, 2018 – Note de lecture de l’OVFF 34